Découverte
du village par les premiers peintres
En
1864, le peintre américain Bacon s'arrêta par
hasard à Pont-Aven lors d'un séjour en France.
Favorablement impressionné par ce village à
l'ambiance unique, il s'en fit l'ambassadeur auprès
de ses amis parisiens. Son discours fut certainement persuasif,
puisque plusieurs d'entre eux se rendirent à Pont-Aven
dès l'année suivante. La qualité de la
lumière, l'accueil chaleureux des habitants et... le
coût modeste de la vie attirent une grande communauté
d'artistes venus de toute l'Europe et des États-Unis.
Les Pontavenistes ne se soucient guère de l'origine
de ces nouveaux arrivants. Ils leurs ouvrent les bras tout
en les surnommant affectueusement "les américains".
Lorsque Gauguin arrive en 1886 - quasiment ruiné -,
il trouve plus d'une centaine de peintres déjà
en résidence dans ce petit paradis.
De
l'Académisme à l'Impressionnisme
En
cette fin de XIXe siècle, la peinture est essentiellement
académique (et dirigée d'ailleurs par les enseignements
et jugements de l'"Académie royale de peinture"
à Paris). Un groupe de quelques peintres (aux noms
aujourd'hui célèbres : Monet, Renoir, Sisley,
Cézanne,... ) décide de transgresser ce conformisme.
Ils décident de peindre non plus les scènes
figées du passé, mais le mouvement et la lumière
des scènes courantes de la vie, créant ainsi
le mouvement appelé plus tard "Impressionnisme".
Gauguin,
l'inspirateur génial de l'École de Pont-Aven
En
arrivant à Pont-Aven, Gauguin est stimulé par
les discussions avec les autres peintres, notamment avec Émile
Bernard. Mais, surtout, les limites de l'Impressionnisme lui
pèsent. Il y a autre chose à inventer...
Il cherche, crée et invente une nouvelle peinture,
dite picturale. L'imagination n'est plus limitée par
la représentation visuelle de la réalité.
Les perspectives sont transformées ou disparaîssent,
les couleurs se font vives, fortes. Beaucoup de peintres qui
l'écoutaient ou le voyait faire seront influencés
par Gauguin, créant ainsi ce que l'on appelera l'École
de Pont-Aven. Selon les paroles du génial artiste,
la peinture avait maintenant "le droit de tout oser".
D'une certaine façon, l'art moderne était né.
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